- - - - - - - - - - - - - - - - -

ZI/ZA

La photographie descriptive inscrit traditionnellement son objet dans le temps : archivage d’un monde ancien voué à la disparition, ferveur moderniste face à la nouveauté ou conscience mélancolique d’une obsolescence programmée.

Il n’est pas sûr que cet effet d’archéologisation fonctionne avec les locaux professionnels représentés ici, emblématiques des zones industrielles ou « zones d’activités » qui se multiplient à la périphérie des villes et des villages. Les bardages de tôle gaufrée, au profil calculé par ordinateur, découpés au laser, anodisés ou teintés dans la masse, les strictes parallèles et le tendu impeccable des surfaces produisent, saisis par le capteur numérique, une impression d’irréalité qui semble les soustraire au devenir.

La photographie de ces bâtiments vite construits et rapidement démontables ressemble à l’image de synthèse qui a permis leur prévisualisation au client. Elle ramène en boucle à l’avant de leur construction.

Cette boucle autour d’une nouveauté sans horizon évoque l’utopie d’une négation du temps, le ressassement d’un pur présent perpétuel : le régime d’historicité de l’économie d’aujourd’hui ?

2005
20 photographies couleur
tirages encres pigmentaires, 60 x 75 cm

 

/